article TRIMES USA 2013

Yvan Jarrige est issu de la fameuse école française du Triathlon. Cet athlète de D1 a récemment trouvé un nouveau souffle en se lançant dans le 70.3. Yvan a accepté de partager avec trimes son apprentissage.

Pourquoi avoir choisi de courir aux États Unis en fin de saison.

Pour plusieurs raisons:

La première est d’ordre sportif, je voulais continuer mon apprentissage sur la distance 70.3 et quoi de mieux que d’aller se confronter aux meilleurs en faisant deux courses ou je savais qu’il y aurait un gros plateau.

Le Luxembourg avait été une bonne entrée en matière mais on m’a toujours dit que le circuit américain est plus relevé, surtout avec des parcours vélo plats, ou de très gros rouleurs étaient présents. C’était vraiment une belle occasion de se jauger.

De plus, je pense qu’il est important, pour bien préparer les championnats du monde 70.3, de ne pas courir en août donc de passer au premier cut (par exemple ceux qui ont été fort à Wiesbaden n’ont pas eu de réussite à Las Vegas). Étant étudiant et courant les grands prix, il m’aurait été difficile de faire 4 Half avant le mois de juillet, aussi j’espérais faire une bonne course à Miami afin de prendre quelques points dans la perspective de l’année prochaine.

La seconde est d’ordre logistique, deux Half relativement bien dotés se déroulant dans la même région augmentaient la possibilité de recouvrer les frais engagés.

Enfin la troisième et dernière raison, c’est la motivation de voyager et de découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles personnes, de nouvelles cultures. Je n’avais jamais traversé l’atlantique, c’est chose faite.

L’organisation :

J’ai eu la chance d’avoir un home stay grâce à la famille de Bertrand billard. Cela m’a enlevé une énorme épine du pied et beaucoup de stress car je pouvais compter sur ces personnes,. Je n’étais pas lâché en pleine nature. Un voyage comme cela en solo peut vite se transformer en une véritable galère..Devoir voyager avec sa valise, son vélo, prendre les transports en commun avec son lot d’incertitudes,  trouver son hôtel dans une ville immense que l’on ne connaît pas. On peut y laisser pas mal d’argent et d’énergie, autant physique que mentale. Il vaut mieux penser à  bien assurer ces arrières. Quand on voit l’issue du voyage de Nicolas Hemet… Il devait courir deux fois, et par malchance il est victime d’un accident en se faisant renverser par un camion “pick up” sur la partie vélo lors de sa première course ( hôpital  et vélo plié en deux inutilisable),.

Première course, 70.3 à miami

La place, les points, la prize money et un bon temps à la clef ont impliqué que je l’ai forcément très bien vécu.

N’étant d’un naturel pas très confiant, et ayant eu une préparation tronquée avec la fameuse “gastro niçoise”, je suis arrivé sur la pointe des pieds sur la ligne de départ mais bien décidé à jouer ma carte à fond. La natation s’est relativement bien déroulée, l’habitude des grands prix me permet de ne pas subir sur toute les parties “techniques” comme les passages de bouées ou encore les transitions. Les premiers 45 km de vélo se sont déroulés sur de grosses allures malgré le vent de face, mais j’ai ressenti  une relative facilité.  J’ai pu prendre des leçons de replacement dans le “train” de Terrenzo Bozone qui a su utiliser à son avantage tous les moments de flottement. Je me suis juste attaché à me concentrer sur mon alimentation ,à ne pas prendre de pénalité en sachant bien que le retour vent de dos serait une toute autre histoire.

En effet Bozone et Fromhold décidèrent  une fois le 45 ème km passé de durcir la course, pendant quasiment 20 minutes à 48 km/h de moyenne. Avant que ces deux là n ‘arrivent à faire la différence,j’ai bien essayé de partir avec eux, mais ce fut un échec et j’ai perdu pas mal de plumes dans la bataille.

Du coup les premiers 10 km à pied furent difficiles., Mais comme j’avais bien gérer mon alimentation sur le vélo, je suis parvenu à me remobiliser sur la deuxième partie du semi et aller chercher cette 6ème place satisfaisante au vue de la start list.

Rev3 florida.

Je n’ai pas réussi à bien récupérer de Miami, et c’est avec des sensations plus que poussives que je me suis pointé à Venice Beach. Pas manqué, après une natation qui ne s’est pas trop mal déroulée, j’ai dès la T1 compris que la journée serait difficile! Le début du vélo qui est pourtant l’un de mes points forts fut compliqué et bien au dessus de mes valeurs.

Toutefois,  j’ai quand même pris la décision de m’accrocher et de suivre la dynamique en me disant bien que les gars finiraient par comprendre que Starykowicz était le plus fort, qu’ils temporiseraient et se résoudraient à jouer la deuxième place. Il n’en fut rien et j’ai payé la note au 75ème kilomètre ou j’ai fini par perdre pied.

Je suis quand même parti à pied sur un rythme honnête dans l’espérance de ramasser quelques morts. Mais n’ayant quasi rien mangé sur le vélo, c’est moi qui fut compté parmi  les premiers morts! Mon seul et unique  objectif ne fut plus que: “finir la course et ne pas marcher entre les ravitos”.

Je quitterai donc Venice beach un poil traumatisé par le niveau vélo de Starykowicz et sûrement de futurs honoraires de consultations de psy  pour digérer ce choc!

Il y a t’il une différence de tactique ou de dynamique de course entre les courses ITU et WTC.

N’ayant pas couru d’ironman, je ne peux pas comparer. Mais en ce qui concerne l’half et les course ITU, on peux dire que la dynamique de course est quasiment identique. Il faut bien nager pour ne pas à avoir à faire l’effort de revenir en vélo.

Ensuite, comme sur le court, le début du vélo se fait en sur-régime pour ensuite ce calmer. Malgré l’interdiction du drafting, il y a clairement une dynamique de groupe. C’est par conséquent  important de posséder un excellent  niveau natation pour bien entrer dans la course.

Pour la course à pied, un type comme Terenzo Bozzone applique à la lettre ce que l’on peut voir en ITU :  un départ rapide de façon à mettre la pression sur ses adversaires ou se mettre à l’abri en tuant la course dès le premier 5 km.

On peut dire que c’est de l’ITU en moins intense, du fait de la longueur plus importante de l’effort, et sûrement de la densité plus faible d’athlète de même niveau.

La tension est moindre aussi, dans la mesure on l’ on à plus le droit à l’erreur ( transition raté, placement hasardeux dans le groupe), même si avec toutes les règles de positionnement dans le “train”, il faut rester assez attentif.

Le bilan de tes débuts sur 70.3 et les objectifs pour 2014

Le bilan est positif même si au fond de moi je n’en attendais pas moins en terme de performance. Ensuite j’ai beaucoup appris sur ces trois halfs, et sur l’enchainement de  deux courses importantes  en deux semaines. Une préparation trop courte ne le permet pas en tous cas et je vais demander à Bozonne et à Starycoco leurs secrets pour enfiler les résultats comme des perles… Ils font de beaux colliers dans des délais très cours!

Et l’objectif pour 2014 est clairement la qualification pour les championnats du monde 70.3 tout en validant mon année d’étude. Cela passe par un plus gros volume à vélo ou je suis encore trop faible et ou je pense avoir une grosse marge de progression.

J’ai la chance de bénéficier de l’aide de l’Université Blaise Pascal et des dirigeants de mon master ( MAPERIA QSE) ce qui me permet de bien concilier mes études avec mes entrainements et mon calendrier de course.

Si tout se passe bien, sur la ligne de départ à Mont Tremblant, je partirai en ne me fixant aucune limite.

http://www.trimes.org/2013/11/25/yvan-jarrige-partage-son-apprentissage-en-floride-70-3-rev3/

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